Découverte
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Date de lancement | 24 avril 1990 (STS-31, navette Discovery) |
| Altitude orbitale | ~483 km (orbite basse) |
| Période orbitale | ~95 minutes |
| Masse | 11 110 kg |
| Miroir primaire | 2,4 m de diamètre, verre ULE (Ultra-Low Expansion) |
| Configuration optique | Ritchey-Chrétien (variante Cassegrain) |
| Résolution angulaire | 0,05 arcsec |
| Domaine spectral | 115 nm (UV) à 2 500 nm (IR proche) |
Explication technique
1. Optique au-dessus de la turbulence — L'atmosphère terrestre cause un seeing typique de 0,5-2 arcsec (agitation convective, gradient d'indice de réfraction). En orbite, Hubble atteint la limite de diffraction théorique de son miroir : θ = 1,22 λ/D ≈ 0,05 arcsec à 500 nm. C'est la raison d'être du télescope spatial.
2. Aberration sphérique et correction COSTAR — Le miroir primaire est taillé avec une erreur de 2,2 μm sur le bord (coefficient conique erroné de –1,0139 au lieu de –1,00230). L'image est floue (80 % de la lumière étalée au-delà de 0,7 arcsec). En décembre 1993, la mission STS-61 installe COSTAR : des miroirs correctifs pré-déformés compensant l'aberration.
3. Instruments de détection — Hubble a embarqué successivement : WF/PC2 (imagerie grand champ), STIS (spectrographe UV-visible), NICMOS (IR proche), ACS (imagerie profonde), WFC3 (caméra grand champ, 2009). Chaque mission de maintenance a amélioré les capteurs : CCD 800×800 (1990) → CCD 4096×4096 (2009).
4. Pointage de précision — Le système de guidage fin (FGS) utilise des interféromètres pour pointer avec une stabilité de 0,007 arcsec. Équivalent : viser un laser sur une pièce de monnaie à 320 km de distance.
Pourquoi ça a fonctionné
Malgré l'aberration initiale (causée par un null corrector mal calibré chez Perkin-Elmer), Hubble est conçu pour être réparable en orbite — un choix architectural visionnaire. Les 5 missions de maintenance (1993-2009) l'ont transformé en un instrument 100× plus puissant que la version initiale. L'accès à l'UV et l'IR proche (inaccessibles depuis le sol) a multiplié les découvertes.
Chaîne causale
Projet de télescope spatial (Lyman Spitzer, 1946) → Financement NASA (1977) → Construction miroir Perkin-Elmer → Lancement STS-31 (1990) → Aberration sphérique détectée → COSTAR STS-61 (1993) → Hubble Deep Field (1995) → Expansion accélérée (supernovae Ia, 1998) → Nobel Perlmutter/Riess/Schmidt (2011) → JWST héritier (2021)
Anecdote
Les images du Hubble Deep Field (1995) ont été obtenues en pointant le télescope vers une zone apparemment vide du ciel (dans la Grande Ourse) pendant 10 jours. Le résultat : ~3 000 galaxies dans un champ de 5,3 arcmin² — l'équivalent d'un grain de sable tenu à bout de bras. Chaque « point vide » du ciel contient des milliards de galaxies.
Sources
Références vérifiées lors de l'audit factuel d'août 2026 : ce sont les pages
contre lesquelles les affirmations de ce bulletin ont été confrontées.
